đ€ OĂč sont les rĂšgles de l'IA? - Legge Zero #111
Cette semaine, les architectes de l'IA se sont rĂ©unis Ă New Delhi pour exiger des gouvernements un cadre rĂ©glementaire mondial. Nous dressons lâĂ©tat des lieux de la lĂ©gislation internationale sur lâIA

đ§ TL;DR: ce dont nous vous parlons dans ce numĂ©ro.
ⰠFaites vite! Les PDG de l'IA réclament une gouvernance globale inspirée du modÚle de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
đ Tout le monde est dâaccord (ou presque). Lors du sommet sur lâIA qui sâest tenu Ă New Delhi, tandis que Guterres, Modi et Macron sâaccordaient sur la nĂ©cessitĂ© dâune gouvernance internationale, les Ătats-Unis, eux, sây sont opposĂ©s et Amnesty International a dĂ©noncĂ© une certaine connivence entre gouvernements et providers. Pendant ce temps, lâInde battait un record Guinness de sensibilisation Ă lâIA.
đșïž Cartographie rĂ©glementaire. De lâAI Act europĂ©en au Vietnam, de la CorĂ©e du Sud Ă la Chine: nous avons identifiĂ© quatre modĂšles de rĂ©gulation distincts. Tous figurent dans la version actualisĂ©e de la carte mondiale de Legge Zero.
đșđž Le paradoxe amĂ©ricain. Aucune loi fĂ©dĂ©rale sur lâIA, mais prĂšs de 80 propositions pendantes devant le CongrĂšs et 189 textes dĂ©jĂ adoptĂ©es dans 47 Ătats. DĂ©rĂ©gulation fĂ©dĂ©rale, hyper lĂ©gislation locale.
đ Pour finir avec un sourire. Le mĂȘme sur Altman et Amodei qui refusent de se serrer la main.
â° âFaites vite!â
âLa dĂ©mocratisation de l'IA est le meilleur moyen de garantir la prospĂ©ritĂ© de lâhumanitĂ©. La centralisation de cette technologie entre les mains d'une seule entreprise ou d'un seul pays nous mĂšnerait Ă la ruine. Cela ne signifie pas que nous n'aurons pas besoin de rĂ©gulation ni de garde-fous. Au contraire, nous en avons besoin, et de toute urgence, comme pour nâimporte quelle autre technologie dâune telle puissance.â
Ces mots ne sont pas ceux dâun militant des droits civiques , ni du rapporteur de lâAI Act au Parlement europĂ©en, ni de lâun des auteurs de cette newsletter. Il sâagit du discours de Sam ALTMAN, le PDG dâOpenAI, lâhomme qui, plus que tout autre, a mis lâIA gĂ©nĂ©rative entre les mains de centaines de millions de personnes. Altman Ă©tait Ă New Delhi, oĂč le gouvernement indien a accueilli lâIndia AI Impact 2026 : il sâagissait du quatriĂšme sommet mondial sur lâIA aprĂšs Bletchley Park (2023), SĂ©oul (2024) et Paris (2025), et le premier sommet organisĂ© par un pays Ă©mergent. Plus dâune centaine de dĂ©lĂ©gations nationales, une vingtaine de chefs dâEtat dont Emmanuel Macron (lâItalie Ă©tait reprĂ©sentĂ©e par le ministre des Entreprises), ainsi que les PDG des principaux providers et experts mondiaux du secteur Ă©taient prĂ©sents.
Pour lâoccasion, Altman a remis sur la table son projet rĂ©current: la crĂ©ation dâun organisme international, analogue Ă lâAgence internationale de lâĂ©nergie atomique (AIEA), pour la coordination mondiale de lâIA. Depuis 1957, lâAIEA veille Ă lâusage pacifique du nuclĂ©aire, inspecte les installations, contrĂŽle le respect des traitĂ©s de non-prolifĂ©ration et peut intervenir en urgence. Altman envisage une approche similaire pour lâIA: une autoritĂ© habilitĂ©e Ă surveiller les laboratoires de pointe, Ă diligenter des audits de sĂ©curitĂ© et Ă rĂ©agir promptement aux risques Ă©mergents. Ce nâest pas la premiĂšre fois que Sam Altman Ă©voque cette idĂ©e. En mai 2023, quelques mois aprĂšs le lancement de ChatGPT, il co-signait avec Greg Brockman et Ilya Sutskever (deux cofondateurs dâOpenAI) une tribune qui affirmait quâ « une sorte dâAIEA pour la superintelligence sera probablement nĂ©cessaire», prĂ©cisant mĂȘme le seuil de puissance de calcul Ă partir duquel un systĂšme devrait relever dâune supervision internationale.
Lors de ce sommet, Altman nâĂ©tait pas le seul Ă plaider pour une rĂ©glementation mondiale. Le sujet a en effet cristallisĂ© les dĂ©bats. Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind, a insistĂ© sur lâurgence dâadopter des rĂšgles communes en raison de la nature de lâIA : âelle est avant tout globale, mais aussi numĂ©rique, ce qui signifie quâelle impactera probablement chaque personne sur la planĂšte et quâelle traversera les frontiĂšres. Une forme de coopĂ©ration internationale sâimpose, ou Ă tout le moins des normes minimales quant aux conditions de dĂ©ploiement de ces technologiesâ.
Politiquement, cette prise de position est significative : la demande de rĂ©gulation Ă©mane des PDG, ceux qui pilotent le dĂ©veloppement des modĂšles dâIA. Il sâagit dâun signal qui peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© de plusieurs façons : stratĂ©gie marketing (ne pas sâopposer Ă des rĂšgles qui semblent encore lointaines), prise de conscience des risques (dĂ©sinformation, utilisation malveillante, impacts sur lâemploi, concentration du pouvoir technologique) ou intĂ©rĂȘt Ă Ă©viter une fragmentation normative qui multiplierait les obligations contradictoires dâun pays Ă lâautre? La littĂ©rature en Ă©conomie de la rĂ©glementation propose cependant une grille de lecture diffĂ©rente. Un rĂ©gime de normes internationales et dâaudits gĂ©nĂ©reraient des coĂ»ts que seuls les grands opĂ©rateurs pourraient absorber et aurait pour consĂ©quence de figer le statu quo concurrentiel. Câest la «regulatory capture» , la capture du rĂ©gulateur par le rĂ©glementĂ©. Il est important de ne jamais perdre ce mĂ©canisme de vue lorsque ce sont les grands opĂ©rateurs Ă appeler de leurs vĆux une rĂ©gulation mondiale.
đ Tout le monde est dâaccord (ou presque)
Ă New Delhi, les principaux providers ont donc Ă©voquĂ© lâurgence quâil y avait Ă adopter des rĂšgles globales. Mais quelle a Ă©tĂ© la rĂ©ponse des institutions ?
Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, AntĂłnio Guterres, a mis en garde contre une gouvernance concentrĂ©e entre les mains de quelques-uns, affirmant que « lâavenir de lâintelligence artificielle ne peut ĂȘtre dĂ©cidĂ© par quelques pays ni laissĂ© aux caprices de milliardaires ».
Le Premier ministre indien Narendra Modi a quant Ă lui affirmĂ© que « lâintelligence artificielle doit ĂȘtre dĂ©mocratisĂ©e afin que les ĂȘtres humains ne deviennent ni de simples donnĂ©es ni de la matiĂšre premiĂšre pour lâIA », dĂ©fendant ainsi une vision selon laquelle la technologie doit demeurer au service des personnes et dâun dĂ©veloppement inclusif.

Emmanuel Macron sâest inscrit dans la mĂȘme logique de gouvernance globale : «Nous sommes dĂ©terminĂ©s Ă continuer de façonner les rĂšgles du jeu avec nos alliĂ©s, comme lâInde », confirmant ainsi la volontĂ© europĂ©enne de contribuer, avec des partenaires stratĂ©giques, Ă dĂ©finir les rĂšgles mondiales de lâintelligence artificielle.
Consensus gĂ©nĂ©ral non? Pas vraiment. Une voix particuliĂšrement discordante a retenti depuis la tribune. Michael Kratsios, le directeur de lâOffice de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche, a dĂ©clarĂ© que les Ătats-Unis « rejettaient totalement la gouvernance mondiale de lâIA », car lâinnovation ne peut prospĂ©rer « sous des bureaucraties et des contrĂŽles centralisĂ©s ». Une phrase qui, pour lâheure, a donc rĂ©duit Ă nĂ©ant les appels des PDG amĂ©ricains prĂ©sents dans la mĂȘme salle, rĂ©vĂ©lant une fracture inattendue entre la Silicon Valley et le gouvernement amĂ©ricain.
Sans surprise, le sommet sâest conclu sur un texte dâune grande prudence, la New Delhi Declaration. Il sâagit dâune dĂ©claration de principes articulĂ©e autour de sept piliers. De la dĂ©mocratisation des ressources IA au dĂ©veloppement du capital humain, les Etats signataires sâengagent Ă adopter un « Trusted AI Commons ». Il sâagit dâun rĂ©fĂ©rentiel collaboratif dâoutils et de bonnes pratiques Ă lâĂ©chelle mondiale. La dĂ©claration a recueilli la signature de 86 pays (rappelons que, un an plus tĂŽt, seulement 60 pays avaient signĂ© le texte de clĂŽture du sommet de Paris). Sur le plan normatif, lâapproche reste rĂ©solument timide : principes dĂ©claratifs, soumis Ă la bonne volontĂ© des Ătats et des providers, sans aucun mĂ©canisme contraignant.
Câest pourquoi Amnesty International a critiquĂ© le sommet pour son incapacitĂ© Ă endiguer les pratiques prĂ©judiciables des gouvernements et des gĂ©ants technologiques. Certains observateurs ont Ă©galement notĂ© que cette rencontre a consacrĂ© une nouvelle configuration multilatĂ©rale dans laquelle les grands acteurs de lâIA siĂšgent en position de paritĂ© avec les Ătats souverains sans quâun statut Ă©quivalent soit prĂ©vu pour les organisations de la sociĂ©tĂ© civile, relĂ©guĂ©es de facto Ă un rĂŽle subalterne dans ce dĂ©bat.
đșïž Ătat des lieux de la rĂ©gulation de lâIA
Pour lâheure, la gouvernance mondiale reste donc une ambition sans ancrage opĂ©rationnel. Cependant, le contexte nâen a pas moins considĂ©rablement Ă©voluĂ© depuis le premier sommet mondial sur lâIA de 2023 au Royaume-Uni : en effet plusieurs pays ont dĂ©jĂ adoptĂ© leurs propres textes nationaux et de nombreux autres en dĂ©battent actuellement.
Les lecteurs de la premiĂšre heure se souviendront que, dĂšs le numĂ©ro 28 de Legge Zero, nous avions lancĂ© le projet de cartographier les lĂ©gislations sur lâIA Ă travers le monde. LâAI Global Regulatory Map est depuis alimentĂ©e en continu. Mise Ă jour rĂ©cemment, elle rĂ©vĂšle une rĂ©alitĂ© plus dense quâon ne lâimagine, mais aussi de plus en plus morcelĂ©e entre diffĂ©rents modĂšles, ce qui pourrait constituer un obstacle majeur Ă toute tentative de gouvernance unifiĂ©e.

Cette carte est la meilleure rĂ©ponse Ă ceux qui dĂ©clarent, en confĂ©rence ou sur les rĂ©seaux sociqux, que seule lâEurope a adoptĂ© une loi sur lâintelligence artificielle. En effet, si le RĂšglement UE 2024/1689 (lâAI Act) a Ă©tĂ© le premier cadre rĂ©glementaire structurĂ© en la matiĂšre, il nâest plus le seul depuis longtemps.
En effet, au moins dix pays ont adoptĂ© de vĂ©ritables lois sur lâintelligence artificielle : la CorĂ©e du Sud, le Kazakhstan, TaĂŻwan, le Vietnam, lâItalie, le Japon, le PĂ©rou, le Salvador, la Colombie et lâOuzbĂ©kistan. Ă ceux-ci sâajoutent la Chine, qui nâa jusquâici publiĂ© que des rĂ©glementations sectorielles (des chercheurs travaillent Ă lâĂ©laboration dâune loi-cadre), lâEspagne, qui a instituĂ©, Ă travers le Real Decreto 729/2023, lâAESIA (premiĂšre autoritĂ© de contrĂŽle de lâIA au sein de lâUnion europĂ©enne) et les Ătats-Unis, avec le dĂ©cret exĂ©cutif signĂ© par le prĂ©sident Trump en dĂ©cembre 2025.
đ Toutes les rĂšgles ne se valent pas
Compter les lois ne suffit pas. à y regarder de plus prÚs, quatre modÚles se dégagent.
Premier modĂšle : la loi organique et contraignante. Un texte dĂ©diĂ© Ă lâIA, assorti dâobligations, de sanctions et dâune autoritĂ© de supervision. LâAI Act europĂ©en en est le prototype. Dans son sillage, la CorĂ©e du Sud a adoptĂ©, en janvier 2025, son AI Basic Act, selon une logique qui classe les systĂšmes par niveau dâimpact social et non par niveau de risque comme en Europe. Cette diffĂ©rence conceptuelle nâest pas anodine : lĂ oĂč le modĂšle europĂ©en part dâune logique prĂ©ventive et restrictive, le modĂšle corĂ©en adopte une grille dâanalyse neutre et analytique. Les systĂšmes qualifiĂ©s de high-impact AI sont soumis Ă des exigences renforcĂ©es en matiĂšre de supervision humaine, de gestion des risques et de transparence. Comme lâAI Act, la loi corĂ©enne encadre Ă©troitement lâIA gĂ©nĂ©rative (Ă©tiquettes et watermarks obligatoires pour prĂ©venir confusion et manipulation). Sa portĂ©e est extraterritoriale : les entreprises Ă©trangĂšres qui offrent des produits ou services dâIA sur le marchĂ© sud-corĂ©en (au-delĂ de certains seuils de chiffre dâaffaires ou dâutilisateurs) doivent dĂ©signer un reprĂ©sentant local responsable devant les autoritĂ©s en matiĂšre de conformitĂ©. Dans le mĂȘme registre, TaĂŻwan a adoptĂ© son AI Basic Act inspirĂ© du modĂšle europĂ©en, mais sans obligations immĂ©diates pour le secteur privĂ©, les mesures dâapplication Ă©tant renvoyĂ©es dâici deux ans. De mĂȘme, le Vietnam a promulguĂ© une AI Law que certains commentateurs prĂ©sentent comme la transposition la plus fidĂšle du modĂšle europĂ©en Ă ce jour.
DeuxiĂšme modĂšle : les lois de principes. Ces textes encadrent l'IA par des obligations gĂ©nĂ©rales de gouvernance et de transparence, sans classification par niveaux de risque ou d'impact. Entrent dans cette catĂ©gorie les lois du PĂ©rou (parmi les premiĂšres en AmĂ©rique latine), du Salvador et de l'OuzbĂ©kistan. Elles posent notamment le principe selon lequel les dĂ©cisions affectant des droits et libertĂ©s ne sauraient reposer exclusivement sur des outputs gĂ©nĂ©rĂ©s par une IA. Le Japon s'inscrit dans une veine similaire : son AI Promotion Act de juin 2025 Ă©nonce des principes gĂ©nĂ©raux mais nâimpose aucune obligation ni ne prĂ©voit de sanctions, le seul levier d'application Ă©tant un mĂ©canisme de name and shame.
TroisiĂšme modĂšle : la rĂ©gulation sectorielle progressive. La Chine en offre l'illustration la plus aboutie. PĂ©kin ne dispose pas encore d'une loi-cadre sur l'IA, mais depuis 2022, et donc avant lâadoption de l'AI Act, elle a bĂąti un corpus de textes sectoriels qui, pris dans leur ensemble, couvrent l'essentiel du spectre : recommandation algorithmique, Ă©tiquetage, protection des mineurs, interaction homme-machine. Il sâagit dâune approche pragmatique et incrĂ©mentale, qui intervient sur chaque problĂ©matique au fur et Ă mesure que la technologie l'impose. Ce modĂšle prĂ©sente toutefois un risque de dispersion normative, au point que plusieurs universitaires chinois militent dĂ©sormais pour une loi-cadre unifiĂ©e.
QuatriÚme modÚle : l'amendement du droit existant. Ici, pas de loi autonome sur l'IA : les textes en vigueur sont modifiés pour intégrer l'impact de l'intelligence artificielle. La Colombie illustre cette approche : la Ley 2502/2025 a amendé le code pénal pour ériger en circonstance aggravante la commission d'une fraude par deepfake ou outil d'IA. Un projet de loi organique sur l'IA est, par ailleurs, en cours d'examen au CongrÚs colombien.
Ă ce panorama sâajoutent au moins quinze pays en phase active de discussion lĂ©gislative dont le BrĂ©sil, la Turquie, lâIndonĂ©sie, le Mexique, lâArgentine et le Royaume-Uni ainsi que plus dâune trentaine dâĂtats ayant adoptĂ© des stratĂ©gies, lignes directrices ou cadres de soft law non contraignants (Inde, Singapour, Australie, IsraĂ«l, Ămirats arabes unis entre autres).
đșđž Paradoxe amĂ©ricain
Les Ătats-Unis mĂ©ritent une analyse Ă part entiĂšre. Lâabsence de loi fĂ©dĂ©rale sur lâIA nâest pas synonyme dâinaction, bien au contraire.
En effet, si dâun cĂŽtĂ© prĂšs de 80 propositions de loi , aux orientations trĂšs disparates, ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es au CongrĂšs entre 2025 et 2026, de lâautre, 189 textes lĂ©gislatifs ont dâores et dĂ©jĂ Ă©tĂ© adoptĂ©s dans 47 des 50 Ătats. Les domaines dâintervention prioritaires sont : la protection des mineurs (une trentaine de lois), la lutte contre les images intimes non consenties gĂ©nĂ©rĂ©es par IA (29 lois), lâencadrement des deepfakes Ă©lectoraux (22 lois) et le droit dâopposition aux dĂ©cisions automatisĂ©es dans le cadre des lois Ă©tatiques sur la protection des donnĂ©es (18 lois).
Sans surprise, la Californie, oĂč siĂšge la grande majoritĂ© des providers dâIA, domine le classement avec 29 textes, devant lâĂtat de New York (14) et le Texas (13). Le modĂšle sectoriel prĂ©domine mais plusieurs Ătats ont tentĂ© une gouvernance dâensemble : le Colorado avec son AI Act, le Connecticut et le Texas avec le TRAIGA (Texas Responsible AI Governance Act).
Pour prendre la mesure du phĂ©nomĂšne, pour la seule annĂ©e 2025, plus de 210 propositions de lois ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es par les Etats, faisant Ă©merger non seulement les thĂšmes rĂ©currents mais aussi les prochaines frontiĂšres de la rĂ©gulation, agents IA et tarification algorithmique en tĂȘte.
NĂ©anmoins, ce corpus normatif gĂ©nĂšre plusieurs difficultĂ©s opĂ©rationnelles pour les acteurs Ă©conomiques et, corrĂ©lativement, une insĂ©curitĂ© juridique pour les citoyens. Dâailleurs, un sondage Ipsos est Ă cet Ă©gard Ă©loquent : sur 30 pays analysĂ©s, les Ătats-Unis se classent derniers en termes de confiance des citoyens dans la capacitĂ© de leur gouvernement Ă rĂ©guler lâIA de maniĂšre responsable. Force est de constater que le pays qui a dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi la dĂ©rĂ©gulation est aussi celui dont les citoyens font le moins confiance Ă leurs institutions.
La dĂ©monstration est implacable : encadrer lâIA nâest pas un exercice bureaucratique ni un frein Ă lâinnovation. Câest une nĂ©cessitĂ© sociale, la maniĂšre dont une classe dirigeante assume sa responsabilitĂ© face Ă lâune des plus grandes ruptures technologiques de lâhistoire.
En attendant une gouvernance mondiale qui semble encore trÚs lointaine, le chemin se construit par le bas, pays par pays, loi par loi, à des rythmes et selon des logiques trÚs différents. Un processus fragmenté et désordonné qui devra, tÎt ou tard, trouver sa synthÚse.
đ IA Meme
Sur la scĂšne du sommet de New Delhi, le Premier ministre Modi a invitĂ© les dirigeants tech Ă saluer le public en se serrant la main, Ă lâinstar de comĂ©diens Ă la fin de leur reprĂ©sentation. Altman (PDG dâOpenAI) et Amodei (PDG dâAnthropic, ancien dâOpenAI), alors cĂŽte Ă cĂŽte, ont levĂ© les poings en refusant ostensiblement tout contact et ont ainsi offert le moment le plus gĂȘnant du sommet, devenu viral en quelques heures.
LâĂ©quipe chargĂ©e de la communication chez OpenAI a tentĂ© de surfer sur la vague en publiant un photomontage rĂ©alisĂ© avec lâIA reprĂ©sentant Altman avec des pinces de homard Ă la place des mains : rĂ©fĂ©rence directe au projet dâIA agentique OpenClaw, nĂ© initialement en hommage Ă Claude (lâIA dâAnthropic) et rachetĂ© la mĂȘme semaine par OpenAI.
đ Merci de nous avoir lus!
Câest tout pour cette semaine. A la prochaine!
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